Ecological Agriculture Projects Logo

EAP Publications | Virtual Library | Magazine Rack | Search

Join the Ecological  Solutions Roundtable


EAP Publication - 31F

La vie sous la terre: une équipe qui travaille pour vous.

Presque partout dans le monde, la vie fourmille davantage sous la surface du sol qu'au-dessus. Mis a part les espèces exclusivement marines, les membres de pratiquement tous les groupes d'animaux y vent présent: les mammifères, comme les taupes et les marmottes, d'innombrables espèces d'insectes, de mites et autres animaux de la famille des arthropodes ainsi que les plus petite d'entre tous, les nématodes (vers ronds et leurs semblables) et les unicellulaires protozoaires. Je m'intéresserai plus particulièrement aux mites car il s'agit du groupe d'arthropodes le plus important dans la plupart des sols, en plus d'être le plus utile, puisqu'elles se nourrissent de microorganismes et autres petite animaux. Dans quelques échantillons de terre forestière, on peut observer jusqu'a cent sortes de mites différentes parmi plus d'un millier d'espèces d'organismes divers. Le nombre d'individus appartenant a chaque espèce peut aussi être très impressionnant. On peut trouver, dans un metre cube, plus de dix millions de nématodes et de protozoaires, un millier de mites et de collemboles ainsi que des milliers de vers de terre. Une seule cuillerée de cette terre pourrait contenir jusqu'a dix millions de bactéries et plus de deux kilomètres de filaments fongiques.

Le sol est en fait un milieu qui vit et qui respire et dont l'activité principale consiste en la décomposition de la matière organique et la production des substances nutritives nécessaires aux plantes. Le sol joue le rôle d' agent de décomposition dans le cycle nature!, qui va de la production végétale et animale a la consommation et a l'utilisation, puis a la décomposition et au recyclage, pour finalement revenir a la production végétale. L' absence d'organismes dans le sol provoquerait une accumulation d'animaux morts et autres formes de matière organique; heureusement, nos amis souterrains s'en chargent efficacement.

Cependant, ces organismes semblent accomplir leur travail avec de plus en plus de difficulté. L'homme les élimine directement ou indirectement par l'utilisation de pesticides et de certains engrais qui les empoisonnent, et par des méthodes de cultures qui les exposent aux prédateurs ou aux rayons dommageables du soleil. En ne recyclant pas nos déchets, ou a cause de notre tendance a semer la mémé chose année après année, nous privons ces organismes d'une diète équilibrée. De plus, la dessiccation, les inondations, les incendies, le tassement de la terre cause par la machinerie lourde, ainsi que la contamination par une vaste gamme de polluants mettent en danger la vie dans le sol.

Pourtant, ces organismes nous offrent un service de décomposition gratuit dont dépendent la productivité de nos fermes et de nos forets, et en fin de compte, dont nous dépendons nous-mêmes. Inconsciemment, ou peut-être pas, l'homme semble détermine a leur couper les vivres. Les statistiques canadiennes sur l'érosion des sols le montrent particulièrement bien: au cours des quarante dernières années, plus de la moitie de la matière organique du sol des prairies a été perdue et la perte totale est deux fois plus rapide que le temps requis pour la formation des nouveaux sols.

La clé pour faire de ces organismes nos allies, est de tenter de percevoir le monde de leur point de vue. Imaginons que nous sommes une mite ou un ver de terre: ou et comment vivrait-on? Que mangerait-on?

De leur point de vue, environ la moitie du sol est constitue de matière solide, surtout des particules minérales, et l'autre moitie, d'espace entre ces particules. La moitie de ces espaces est remplie d'eau, qui se présente sous forme d'une pellicule autour de ces particules. Cette situation a ammené l'évolution de trots stratégies primaires de vie souterraine. Les protozoaires, les nématodes et quelques autres petite organismes vivant dans la pellicule d'eau, se nourrissent de bactéries ou se mangent entre eux. Les mites, les collemboles et autres petite arthropodes, se promènent a travers les espaces d' air (où ils ont de l'eau jusqu'aux genoux), grignotant des champignons, des nématodes ou se dévorant les uns les autres. Les vers de terre, quelques insectes et autres arthropodes plus gros, ainsi que les limaces et les escargots creusent des galeries souterraines, sans tenir compte de la dimension des espaces d' air et d'eau, et mangent surtout des déchets organiques et les micro-organismes les peuplant.

La question-clé concernant la gestion du sol est la suivante: que pouvons-nous faire afin d' assurer a ces organismes les conditions optimales de nourriture et d'espace qui leur permettraient d'accomplir leur travail? La solution serait de permettre le retour au sol d'un mélangé convenable de déchets organiques non-contamines et d' éviter l' épuisement physique, chimique et biologique du processus. Dans un sol appauvri, la population de vers de terre tombe pratiquement a zéro alors que dans un sol bien exploite, leur activité peut produire plus de 250 tonnes d' excréments très fertile. De plus, leurs galeries aident a l'aération du sol et créent des canaux qui servent a la croissance de racines et au drainage de l'eau.

Mis a part ces qualités, la plupart des organismes ont en plus des effet positifs plus subtile. Par exemple, la décomposition des feuilles requiert l'action d'une série de differentes especes de champignons, certains pour digérer les sucres, d'autres la cellulose, l'hemicellulose, la lignine et d'autres substances. Le problème est que les champ~gnons manquent rapidement de substrat convenable a cause de leur pouvoir de dispersion limite. De plus, ils polluent leur environnement avec des antibiotiques, ce qui rend la croissance d'autres champignons difficile.

Les animaux, en particulier nos chers mites et collemboles, fournissent une partie de la solution a ce problème. La plupart des mites se nourrissent de champignons et préfèrent certaines espèces a d'autres. Certaines mites montreront donc leur préférence en mangeant les filaments et les spores (qui ressemblent a des graines) situes aux extrémités de leurs champignons favoris. Cependant, puisqu'elles ne digèrent habituellement que les filaments, les spores vent évacuée par les intestine pour être déposés intactes, sous forme de petite paquets d' excréments, dans le sol . Comme ces déchets vent très fertiles, un peu comme du terreau, les spores vont germer pour former de nouvelles colonies de champignons a de nouveaux endroits. De cette façon, les mites aident a la fois au processus de décomposition en pratiquant avant tout, une forme d' agriculture primitive. Pas aussi primitive qu'il y paraît, a vrai dire, puisque leurs déchets vent déposés dans un morceau d'enveloppe intestinale dont elles n'ont plus besoin et qui contient des substances empêchant d'autres champignons de pousser sur ces paquets. Les mites utilisent donc une méthode de lutte contre les mauvaises herbes assez sophistiquée. Plus encore, elles arrivent, a l 'aide des poils présent sur leur corps, a disperser les spores des espèces de champignons qu'elles préfèrent manger. C'est incroyable de penser que ce genre d' agriculture est pratique dans le sol depuis plus de 400 millions d'années alors que notre version a nous est plutôt recense. Ces genres de rapports dépendent d'un équilibre très fragile. Donc, si par exemple, la population de mites est décimée par l'application d'un pesticide tres toxique, l'activite microbienne peut initialement augmenter en l' absence de culture pour ensuite diminuer avec l'accumulation d'antibiotiques.

Les mycorhizes ( champignons s'associant de façon bénéfique a la plupart des racines ) peuvent dépendre aussi, en partie, des rapports équilibres qu'ils entretiennent avec les organismes du sol pour se disperser. Par contre, si la population de mites ou de collemboles augmente, peut-être parce qu'un pesticide a tue leurs prédateurs, elles peuvent manger trop de mycorhizes et ainsi réduire leurs effet bénéfiques . C' est cette fonction régulatrice accomplie par l' animal qui importe tant pour le maintien de la fertilité et de la productivité du sol. On l'oublie, d'une part, parce que les principaux effet de ces organismes vent catalytiques et indirects, et parce qu'on tend aussi a croire que l'utilisation régulière d'engrais chimiques peut maintenir la productivité du sol. En fait, comme c'est le cas pour plusieurs processus analogues dans le corps humain, l'approvisionnement artificiel d'une substance produite naturellement réduit sa production et crée une dépendance suite a des traitements répétés.

Il est important de comprendre que beaucoup de fonctions vent accomplies par le vaste ensemble de créatures qui vivent dans le sol; beaucoup plus qu'on peut l'imaginer et beaucoup plus que ce qui a été mentione dans cet article. Chaque fois que nous eliminons un de ces organismes, nous héritons de son travail pour lequel nous ne sommes, au mieux, que des novices, au pire, que des êtres totalement ignorants de son rôle. Le message est clair: nous devons supporter nos allies du sol et donc, les aider a nous supporter nous-mêmes ainsi que les autres organismes avec qui nous partageons cette planète. En préservant cette ressource vitale, nous permettons que de plus jeunes idéalistes deviennent un jour amoureux de ces merveilleux habitants du sol et prennent autant de plaisir a les observer que je l'ai fait moi-mémé.

Stuart Hill est professeur agrégé en entomologie a la faculté d' agriculture du collège Macdonald de l'université McGill et directeur des projets en agriculture écologique.

Quelques faite inquiétante

1. De par le monde, 25 milliards de tonnes de terre arable vent balayées par le vent chaque année, ce qui représente 7% de la terre cultivable du globe chaque décennie.

David Suzuki, 1989

2. Dans le sud-ouest de ['Ontario, l'érosion a réduit la production de mais de 30%-40%.

Sénat de Canada, juin 1984

3. L'érosion a coûte a l'industrie agricole ontarienne $68 millions par année a cause de pertes de production, de substances nutritives et de pesticides.

Ministère de l' agriculture et des ressources de ['Ontario, 1982

4. La dégradation du sol a fait perdre aux fermiers canadiens des revenue de $1 milliard par année.

Sénat du Canada, juin 1984

Copyright © 1989 Ecological Agriculture Projects


Info Request | Services | Become EAP Member | Site Map

Give us your comments about the EAP site


Ecological Agriculture Projects, McGill University (Macdonald Campus)
Ste-Anne-de-Bellevue, QC,  H9X 3V9 Canada
Telephone:          (514)-398-7771
Fax:                     (514)-398-7621

Email: eapinfo@macdonald.mcgill.ca

To report problems or otherwise comment on the structure of this site, send mail to the Webmaster